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L’urgence à développer l’écoute de soi

Être à l’écoute de soi ne signifie pas s’écouter ; dans le sens commun du terme c’est-à-dire une attention excessive et non fondée sur soi et ses « petites misères ».

Non c’est autre chose, mais commençons par une histoire vraie.

C’est une histoire banale.

Elle s’appelle Louise, jeune cadre dynamique pleine de vie, de talent et d’énergie. Elle aime la vie, ses ami(e)s, faire la fête.

Impliquée dans son travail elle produit des résultats ; elle fait d’ailleurs partie d’un « talent pool ».

Elle travaille dans la même entreprise depuis plusieurs années.

Les nuits sans sommeil ont commencé à se faire plus fréquentes ces derniers temps. Elle rit moins.

Quelques pépins de santé sont apparus, rien de grave, une tendinite longue qui l’empêche de faire son footing. Des rhumes fréquents, un peu de fatigue.

Un sentiment d’anxiété diffus ne la quitte plus, elle a des pensées plus souvent négatives, moins d’allant…

Elle se surprend à ruminer les mêmes histoires et pensées qui tournent (parfois la nuit) dans sa tête et l’empêchent de dormir.

Elle s’étonne de certaines de ses attitudes, elle ouvre 3-4 fois son sac à mains avant de prendre le RER pour constater que son badge professionnel est bien présent, son téléphone, ses clés.

Une lente dégradation se fait jour, moins de fêtes, moins d’interactions sociales, quelques erreurs professionnelles plus fréquentes alors qu’elle n’en faisait pas habituellement.

D’ailleurs elle a appris qu’elle ne fait plus partie du programme « talent pool ».

Elle a pris un peu de poids, ses énervements sont plus fréquents, des tensions sont apparues avec son mari et ses enfants, pour des broutilles.

De manière générale elle fait moins de sport, moins de sorties, moins de shopping, moins de rire, moins d’insouciance, moins de vie quelque part.

Elle ne se sent pas très heureuse ; pour la première fois de sa vie elle a rêvé de prendre un arrêt de travail (un gros mot dans son univers). Bien sûr elle n’en n’a rien fait.

Et puis un matin, impossible de se lever. Son corps ne répondait plus.

Elle a bien essayé de se rouler sur le côté du lit pour sortir, se mettre à quatre pattes et s’habiller pour aller au travail.

Non impossible, son corps refusait, ses abdominaux ne permettaient plus ce geste si simple et tant de fois répété machinalement de s’assoir et pouvoir sortir naturellement en faisant pivoter ses jambes.

Malgré ses tentatives, ses abdominaux refusaient obstinément d’obéir, et là elle eut peur, se sentant paralysée ; elle attendit de longues minutes avant d’accepter qu’elle devait s’arrêter. Appeler un médecin, prévenir son mari à côté d’elle qui dormait encore.

Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle était, déjà, depuis plusieurs mois en sursis.

Et là ont commencé de longs mois de rééducation, de cachets, de visites chez psychologues, psychiatres, médecins…

Et puis un arrêt maladie qui dure depuis un an maintenant ; et la difficulté à se dire que l’on va retourner dans le monde professionnel…

Cette histoire est la somme de toutes les histoires entendues, trop souvent, en coaching dans mon cabinet.

Je me suis posé une question :

Y a-t-il un dénominateur commun à toutes ses histoires ?

Existe il une chose que l’on pourrait faire afin d’éviter d’arriver à « casser ».

Toutes ces personnes ont un point commun ; tournée vers l’extérieur elle n’ont à aucun moment pris en considération les nombreux signaux que leur corps leur a expédié tout au long de cette lente chute.

1.

L'empathie de soi

Avec le recul, les personnes victimes d’un burnout reconnaissent bien que quelque part « dans leur tête » elles savaient que quelque chose ne tournait pas rond, mais elles ont continué comme de braves « petits soldats » à aller jusqu’au bout.

Nous avons toutes et tous fait des stages où l’intelligence émotionnelle était valorisée. Nous avons toutes et tous entendus parler d’empathie.

Mais au fait, sommes-nous empathique avec nous même ?

L’empathie est la capacité à comprendre les émotions de nos vis-à-vis et d’en tenir compte dans notre propre attitude et comportement.

Sommes-nous capables chaque jour, voire plusieurs fois dans la journée d’avoir un outil simple et interne qui nous renseigne sur notre état physique et émotionnel ?

Je vous propose un outil simple, l’emostat.

Une simple question, chaque jour, à intervalle régulier, comment je me sens. Si je me sens mal, pourquoi, qu’est ce qui a provoqué cet état ?

Une fois la réponse à ces questions, qu’est-ce que je fais pour me remettre en position interne plus positive, favorable pour ma santé ?

emostat

Une fois l’indentification et la prise de conscience de notre état émotionnel, c’est la moitié du chemin vers notre bien-être qui est accompli.

Ensuite comment sortir d’un état moyen voire négatif pour se remettre dans le vert ?

 

2.

Apprendre à se " soigner" et se remettre dans le vert

Je vous propose de réfléchir à 3 étapes qui peuvent vous aider.

  1. Identifier les causes et prendre conscience de ce qui se passe

Ce qui est dangereux pour notre santé ce ne sont pas les sources de stress exceptionnelles ; car elles ont généralement un impact fort ce qui fait qu’on les détecte assez vite et notre mécanisme interne de résilience va se mettre en marche pour nous permettre de surmonter le défi.

Si nous en restons dans le domaine professionnel ; vous ratez une promotion a un poste que vous convoitiez vous allez éprouver une grande déception, être triste mais vous constaterez que votre courbe de deuil se fera « naturellement ».

Non ce qui est plus insidieux se sont les sources de stress répétitifs et j’ai envie de dire non pris en charge, non conscients.

Leur accumulation est une source de problèmes à terme.

Prenons un exemple :

  • Le RER est bondé vous ressortez du wagon fripé alors que vous avez une présentation importante.
  • Vous êtes de surcroit en retard car votre sacré RER a connu « un incident d’exploitation »
  • Quand vous sortez de votre bouche de métro il pleut ; vos chaussures vont encore souffrir et votre aspect général se dégrader par rapport à ce que vous souhaitiez.
  • En arrivant au bureau avant votre présentation vous ouvrez votre ordinateur, un mail désagréable d’un collègue
  • Vous cherchez votre présentation et vous apercevez que vous avez du mal à retrouver le bon fichier ce qui fait monter votre tension et votre stress à leur maximum. Vous commencez même à paniquer et ne pas voir que ce dossier est là sous vos yeux ; vous l’avez cherché dans la panique pendant 5 longues minutes pour enfin le trouver.

Vous faites votre présentation, en fait ça se déroule normalement.

Par contre vous êtes épuisé (e) ; vous enchaînez sur les autres séquences de votre journée.

Ce sont ces situations multipliées à l’infini la source de beaucoup de pépins de santé plus ou moins graves.

La bonne attitude serait :

  • Dès la première source de stress (le problème de transport en commun) de prendre conscience que vous entrez dans une boucle négative. Être à l’coute de vos sensations et émotions et les nommer. Cette prise de conscience immédiate va être salutaire pour la suite.
  1. Se « soigner » et se remettre dans le vert
  • Le dialogue intérieur vous sera utile ; pour vous rassurer, vous ne pouvez rien faire contre un problème de transport en commun. Le simple fait de vous dire ça va faire retomber votre stress et votre tension. « Ca va aller, tu connais ton sujet, tout le monde acceptera ton retard tu n’es pas responsable des disfonctionnements du RER… etc
  • Respirez ! La respiration consciente est un outil naturel que nous n’utilisons pas assez ! Vous vous sentez mal en panique ou en stress ; Trois grandes inspirations suivies de 3 longues expirations d’une durée 3 X supérieure à l’inspire et vous verrez immédiatement votre cerveau mieux oxygéné (le stress coupe la respiration et nous met en apnée)
  • Se remettre dans le positif : mettez en avant le plaisir à présenter votre travail, c’est le fond qui est essentiel, là aussi vous pouvez entretenir un dialogue intérieur réconfortant, valorisant et vous verrez vos émotions repasser progressivement dans le « vert ».
  • Admettre que l’on a vécu une séquence stressante et compenser : l’exemple choisi est assez anodin mais nous vivons tous cela régulièrement et de manière répétitive.

Maintenant, si votre séquence stress est plus grave, mauvaises évaluations, poste non obtenu ; vous devez marquer une pause pour récupérer. Prenez une journée de congé pour vous faire du bien, voir des amis positifs, assister à une conférence sur un sujet qui vous plaît, une séance de massage, de cinéma…

Chacun compensera comme il le souhaite ; mais il est important d’admettre que l’on est touché, mettre des mots sur les maux, et prendre le temps de souffler. Ce temps nécessaire sera d’autant plus long que le choc a été ressenti avec intensité.

  1. Se poser les bonnes questions : face à la récurrence de certains stress que l’on ressent plus ou moins mal (c’est très personnel) ; il faut accepter de se poser la question de son degré de dépendance face à une situation donnée. Comment puis je faire évoluer les choses :
  • Je suis mal traité par mon hiérarchique ; puis je dialoguer avec lui directement ou via un autre canal. Dois-je changer de service ?
  • Mon job me stresse trop et je n’éprouve plus que de la tension ; puis je évoluer au sein de l’entreprise ? Dois-je changer ?

La liste des questions et décisions à prendre sont nombreuses. Chacun, en fonction de ce qu’il peut faire essayera d’identifier les causes récurrentes de mal être et voir comment une solution est possible.

Subir, n’est jamais une situation pérenne sur le long terme.

3.

Votre corps ne vous ment pas

On commence à en parler, mais avec beaucoup de retenue et de pudeur. Parler de son corps et ses sensations n’est pas habituel.

Admettons quand même qu’à titre individuel nous pouvons nous en préoccuper.

 

Dans tous les cas de burnout recensés c’est le corps qui arrête la personne définitivement faute d’avoir été entendu avant.

Si pour les émotions nous pouvons nous auto questionner ; pour nos sensations corporelles il semble que nous soyons assez démunis tant la littérature sur ce sujet et la sensibilisation ne sont pas aussi fournis qu’en intelligence émotionnelle.

Et pourtant savoir entendre nos sensations corporelles et les signaux faibles que notre corps nous envoie sont tout aussi importants.

Chaque maladie a ses dimensions plus « psychologiques ».

Je me souviens d’un client DRH dans une grande entreprise, qui me parlait de cette boule au ventre qui apparaissait le dimanche soir au moment du générique du film du Dimanche.

Il lui a fallu très longtemps pour comprendre que la réunion du Lundi matin avec un boss imprévisible et cassant en était la cause.

Cette réunion du Lundi matin où il fallait expliquer ce qui avait été fait (jamais assez) et quelles étaient les priorités à venir (jamais suffisamment ambitieuses et pertinentes).

Lors de nos entretiens en refaisant le film à l’envers il s’est rappelé (nous enregistrons tout malgré nous), que cette sensation était ténue au début puis s’est faite de plus en plus forte.

Il a reconnu avoir ignoré ces signaux avant de faire le lien entre l’entreprise dans laquelle il travaillait et pour laquelle il avait de l’affection et lui et son bien-être et son équilibre.

Par construction éducative, il lui semblait que c’était normal qu’en tant que DRH il montra l’exemple et accepte de « souffrir » en silence. Sa mission s’occuper des autres et pas de lui. Il y avait une cause plus haute que lui dont il devait s’occuper.

Cette sensation a disparu après une dépression de 6 mois et un changement d’entreprise.

Notre corps interagit avec nous ; souvent nous nous comportons comme si nous étions fragmentés. D’un côté notre tête et de l’autre notre corps qui somme toute n’est qu’un instrument qui doit obéir à notre volonté.

La réalité est plus complexe, nous sommes un.

Nous pouvons avoir des ambitions, des objectifs, des buts rationnellement argumentés ; mais si votre corps vous envoie des signaux de contradiction c’est que quelque part vous n’êtes pas vraiment « aligné » avec l’ensemble des parties qui vous constituent.

Qu’avez-vous fait de vos valeurs ? De vos équilibres ? Vos désirs ? Vos rêves ? Votre identité ?

Est-ce vous qui vous pousse à agir dans telle direction ou des représentations externes, le poids de votre éducation, vos croyances…

Souvent les moments de ruptures dans nos vies, les épisodes dépressifs, de doutes, d’anxiété, de questionnements sont le bon moment, pour se poser et mettre noir sur blanc les bonnes questions.

Votre corps peut vous y aider ; si vous vous sentez bien avec une idée c’est qu’elle correspond à vos désirs les plus profonds ; si elle provoque mal être et sensations physiques désagréables c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Il faut du temps pour apprendre à décoder ce que votre corps vous dit, tant, par éducation nous avons confondu s’écouter et son cortège de dictats négatifs et s’entendre intimement.

Il y a une expression que j’ai fait mienne et qui m’a été donné par un de mes amis coach.

« Nous alimentons artificiellement notre corps de souffrances ».

Chaque fois que nous nous ignorons, chaque fois que nous imposons des chemins, des contraintes qui ne nous correspondent pas nous alimentons petit à petit notre corps de souffrances.

Nous pouvons l’ignorer un temps, mais vient immanquablement le moment de vérité et là ça fait mal au sens propre du terme.

 

Conclusion provisoire

Nous sommes, souvent, les victimes de nous-même.

Malmenant notre corps et notre équilibre psychologique. « Les autres, l’environnement » ne sont pas responsables de tout.

La bonne nouvelle est que le jour où nous décidons de ne plus subir mais de devenir le créateur de notre vie les choses changent.

La première étape sera de nous respecter, la vie humaine sous toutes ses dimensions physiques et psychique a ses règles, son temps, ses cycles.

Reconnectons-nous avec les choses vraies et simples, avec notre nature profonde.

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